Les épisodes de chaleur précoce bouleversent nos habitudes de vie… et de recherche immobilière. DPE, confort thermique, coût des travaux : le changement climatique s'invite plus que jamais au cœur des critères d'achat et de location. Yvon Rouzic nous en parle.
Les très fortes chaleurs de ces derniers jours de mai ont fait souffrir toute l’Europe. Des températures qui font grimper le curseur au-delà des 30 degrés, ce n’est pourtant pas nouveau sous nos latitudes. En revanche, c’est la précocité de ces températures dans la saison qui est nouvelle, ainsi que leur soudaineté, car il faisait encore 10 à 15 degrés quelques jours avant.
Cela génère beaucoup d’inconfort dans notre quotidien, le corps n’ayant pas eu le temps de s’habituer aux premières chaleurs estivales. Si beaucoup d’entre nous en souffre sur leur lieu de travail dans la journée, sur les chantiers, dans les transports, etc., c’est aussi dans nos foyers que cela se ressent, d’autant plus lors de telles conditions, avec des températures encore très élevées la nuit. Cet épisode remet à nouveau sur le devant de la scène l’importance de la qualité thermique des logements, avec notamment le fameux DPE, baromètre de leur performance énergétique.
Le DPE, dans le top 3 des critères récurrents
C’est un véritable changement de paradigme depuis l’ère du Covid : le critère du DPE est aujourd’hui un enjeu majeur dans la recherche d’un logement.
À la location, les sanctions sont déjà tombées, puisqu’il n’est plus possible de louer un logement classé en G+. Un logement classé en G, s’il était loué avec un bail signé avant le 1er janvier 2025, ne pourra pas être reloué ni son bail renouvelé. Au 1er janvier 2028, ce sera au tour des logements classés en F ; ceux classés en E ayant un sursis jusqu’en 2034, sauf revirement administratif d’ici là.
À l’achat, je remarque également qu’une grande partie des acquéreurs laissent de côté les logements énergivores (E/F/G). Et la tendance est même très prononcée chez certains, qui filtrent leur recherche à partir de la lettre C. Pour rappel, un DPE C correspond à des logements récents ou rénovés. Les acquéreurs ont désormais bien compris que le coût énergétique d’un logement n’irait pas en baissant au fil des années. Ils souhaitent donc maîtriser au mieux cette dépense en privilégiant des logements à faible consommation. Je constate cette tendance notamment chez de nombreux retraités : les revenus n’augmenteront plus ou très peu, alors que les coûts du gaz et de l’électricité, eux, augmentent rapidement, générant ainsi une baisse du pouvoir d’achat.
Le confort comme critère récurrent
Lors des visites que je réalise, une question revient souvent : « L’été, c’est comment dans cette pièce ? » Cette question soulève l’inquiétude face aux températures qui peuvent rapidement grimper lors des coups de chaleur et avoir du mal à redescendre.
C’était notamment le cas lors de l’une de mes dernières visites. On était sous les combles, dans une maison des années 90, avec des Velux au sud : autant dire que c’était un vrai sauna ces derniers jours !
Ces questions trahissent des comportements que l’on voyait encore assez peu il y a quelques années. L’augmentation des épisodes caniculaires et la prise de conscience générale d’un changement climatique accentuent chaque année un peu plus cette démarche d’aller vers un logement confortable au quotidien.
Le prix, toujours le nerf de la guerre !
Bien sûr, il existe souvent des solutions techniques pour contrer les fortes chaleurs : renforcer l’isolation, faire poser des volets extérieurs, ajouter des brise-soleil, installer une climatisation — même si cette dernière reste contradictoire avec l’économie d’énergie.
Tout comme il existe des gestes pour améliorer la note de son DPE : remplacer sa vieille chaudière à gaz par une PAC (pompe à chaleur), installer des panneaux solaires, faire poser du double vitrage performant, isoler par l’extérieur, mettre en place une VMC, etc.
Des solutions, il y en a donc, mais elles ont un coût. Et la note peut grimper fortement selon les travaux envisagés. Les matériaux ont subi de très fortes hausses ces dernières années, freinant l’ardeur de certains face à d’éventuelles rénovations ou constructions.
Bien qu’il existe toujours un arsenal d’aides intéressantes, comme « Ma Prime Rénov », les « CEE » (certificats d’économie d’énergie), la TVA à 5,5%, l’éco-PTZ (prêt à taux zero permettant de financer des travaux ciblés), les démarches administratives et les montants impliqués peuvent en freiner plus d’un.
D’ailleurs, pour vous aider à vous lancer, vous pouvez utiliser les simulateur d’aides à la rénovation de l’Etat, Mes Aides Réno, 100 % gratuit et accessible depuis ouestfrance-immo.com.
Quoi qu’il en soit, réaliser des travaux énérgétique n’est jamais neutre financièrement. Ainsi, une des variable d’ajustement de ce chantier énergétique retombe mécaniquement sur le prix de vente du logement.
Prenons un exemple concret vécu récemment : j’ai fais visiter une jolie maison en périphérie de Rennes. Il s’agit d’une construction de 2010, avec de bonnes prestations intérieures et un DPE en C. Sur le papier, rien à signaler.
Mais à l’étage de la maison : des Vélux. Et certaines de ces fenêtres de toit étaient orientéss à l’ouest, sans volets extérieurs, uniquement une toile d’occultation intérieure. Sans surprise, lors d’une succession de journées chaudes, l’étage se transforme en véritable fournaise.
Cela à mené à des négocitations, comme vous vous en doutez.
Le sujet de la négociation ? Le coût d’installation de volets extérieurs, soit 5 000 € environ pour 5 volets.
Un rappel concret que le confort thermique a désormais une valeur marchande bien réelle dans toute transaction immobilière.