Ramoner sa cheminée, purger ses radiateurs, nettoyer ses gouttières, pailler avec ses dernières tontes… L’automne est la bonne période pour préparer son logement à l’hiver. Voici 12 gestes simples pour consommer moins, entretenir sa maison et limiter le gaspillage.
Les températures vont bientôt commencent à baisser, les feuilles des arbres à rougir et les premières soirées fraîches vous donneront bientôt envie de rallumer le chauffage.
Mais avant d’entrer réellement dans l’hiver, quelques vérifications s’imposent. Et bonne nouvelle : prendre soin de son logement peut aussi être un geste écologique.
Un appareil bien entretenu consomme moins, un jardin dans lequel les déchets verts sont réutilisés produit moins de déchets, une gouttière nettoyée ou une ventilation entretenue permettent aussi d’éviter des problèmes qui finiront parfois par nécessiter réparations, matériaux et énergie.
Alors, avant de sortir définitivement les plaids, profitez de ce début d’automne pour faire un petit tour de la maison.
1. Faites ramoner votre cheminée ou votre poêle avant les premières flambées
Si vous chauffez au bois, mieux vaut ne pas attendre le premier vrai coup de froid pour penser au ramonage.
Depuis 2023, la réglementation nationale impose au minimum un ramonage tous les douze mois des conduits de fumée et des tuyaux de raccordement. Cepenant, il reste recommandé de le faire deux fois par an dont une en période de chauffe.
Au-delà de l’obligation, ce geste est simplement logique. La suie et les dépôts qui s’accumulent dans le conduit nuisent au bon fonctionnement de l’installation et augmentent le risque de feu de cheminée et d’intoxication au monoxyde de carbone. Au delà de ces avantages en termes de sécurité, en améliorant le tirage de votre système de chauffage, vous pourrez réaliser des économies d’énergies significatives.
Dans le même objectif, profitez-en pour vérifier aussi l’état du poêle ou de l’insert : joints de porte, arrivée d’air, vitre, bac à cendres…
Attention : conservez bien l’attestation remise par le professionnel après son intervention ! Tout d’abord parce qu’elle pourra vous être demandée en cas de sinistre mais aussi car en cas de contrôle, vous vous exposez à une amende pouvant atteindre 450 €.
2. Vérifiez aussi l’entretien de votre chaudière
Même principe avec la chaudière qu’avec la cheminée.
Si votre logement est équipé d’une chaudière individuelle au gaz, au fioul, au bois ou utilisant un autre combustible concerné par la réglementation, son entretien doit être réalisé chaque année par un professionnel qualifié. Là aussi, on vous remettra une attestation à conserver précieusement.
L’intervention permet notamment de vérifier l’appareil, de le nettoyer si nécessaire et de contrôler son fonctionnement avant qu’il ne soit sollicité quotidiennement pendant plusieurs mois.
L’automne est un bon moment pour regarder la date de votre dernière visite. En effet, mieux vaut découvrir en septembre/octobre qu’une pièce commence à fatiguer qu’un dimanche de janvier lorsqu’il fait 2 °C dehors.
3. Purgez vos radiateurs… et sortez le chiffon
Nos radiateurs n’ont pas encore repris du service, c’est donc la période idéale pour s’occuper de leur entretien.
Afin d’éviter que vos radiateurs ne fassent des bruits de gargouillis ou qu’ils restent froids en partie haute alors que le bas chauffe correctement, il faut penser à les purger.
En effet, de l’air s’est peut-être accumulé dans le circuit. Purger les radiateurs peut alors permettre à l’eau chaude de mieux circuler.
Sur un radiateur équipé d’un purgeur manuel, l’opération consiste généralement à couper le chauffage, attendre que l’installation refroidisse puis ouvrir doucement la vis de purge jusqu’à ce que l’air s’échappe et qu’un filet d’eau régulier apparaisse.
Après l’opération, pensez à vérifier la pression du circuit en suivant les indications du fabricant de votre chaudière. Si vous avez un doute ou si la pression varie anormalement, mieux vaut faire intervenir un professionnel.
Et profitez-en pour dépoussiérer vos radiateurs, notamment entre les éléments et derrière l’appareil. Une couche de poussière n’a jamais aidé la chaleur à circuler.
N’oubliez pas que des radiateurs bien entretenus permettent de réaliser des économies et de prolonger la durée de vie de votre chaudière.
4. Libérez l’espace devant vos sources de chaleur
Le canapé collé au radiateur, les longs rideaux qui le recouvrent ou le linge qui sèche directement dessus ?
Croyez-nous, c’est pas idéal.
Avant la saison froide, vérifiez que la chaleur peut circuler librement dans les pièces. Quelques centimètres d’espace supplémentaires entre un gros meuble et un radiateur peuvent déjà faciliter la diffusion de la chaleur.
Même logique avec une pompe à chaleur : à l’automne, feuilles et petits débris peuvent s’accumuler autour de l’unité extérieure. Gardez la zone dégagée, sans démonter l’appareil vous-même.
5. Reprogrammez votre chauffage avant de le rallumer
Le thermostat est toujours réglé sur les horaires de l’hiver dernier ?
C’est le moment d’y jeter un œil.
Les rythmes ont peut-être changé : nouveau travail, télétravail, enfants à l’école, horaires différents…
Programmer le chauffage en fonction de votre présence évite de maintenir inutilement la maison à la même température toute la journée.
Vous pouvez également différencier les pièces : une chambre n’a pas besoin d’être chauffée autant qu’un séjour.
Un degré supplémentaire peut sembler anodin lorsque l’on tourne le bouton mais sur plusieurs mois de chauffage, il l’est beaucoup moins, tant au plan économique qu’écologique.
6. Cherchez les courants d’air… sans condamner la ventilation
Avant les premiers froids, passez quelques minutes autour de vos fenêtres et portes.
Un joint abîmé, une fenêtre qui ferme mal ou un jour important sous une porte donnant sur un espace non chauffé peuvent créer des infiltrations d’air désagréables.
Changer un joint fatigué ou installer un bas de porte à l’endroit approprié peut parfois suffire.
Mais attention à ne pas aller trop loin.
Les entrées d’air, grilles d’aération et bouches de VMC ne doivent pas être bouchées pour essayer de conserver la chaleur. Elles sont nécessaires au renouvellement de l’air et à l’évacuation de l’humidité.
Traquez donc les fuites parasites mais pas la ventilation prévue pour votre logement.
7. Nettoyez vos bouches d’aération et votre VMC
Puisque les fenêtres vont rester davantage fermées dans les prochains mois, autant s’assurer que la ventilation fonctionne correctement.
La poussière et les graisses peuvent progressivement s’accumuler sur les bouches d’extraction, notamment dans la cuisine et la salle de bains.
Un nettoyage régulier permet d’éviter qu’elles ne s’encrassent.
Pensez également à continuer d’aérer quelques minutes chaque jour, même lorsqu’il fait froid.
En automne et en hiver, douches, cuisson, linge qui sèche à l’intérieur et simple respiration des occupants produisent de l’humidité. La conserver prisonnière dans le logement n’est pas une bonne stratégie pour économiser le chauffage.
8. Nettoyez les gouttières… mais gardez les feuilles
Les feuilles mortes et les gouttières entretiennent chaque automne une relation tumultueuse.
Une accumulation de feuilles peut gêner l’écoulement de l’eau et provoquer des débordements. Une vérification des gouttières, descentes et évacuations avant les grosses pluies automnales est donc nécéssaire.
Mais ne jettez pas directement les feuilles ramassées à la poubelle ; elles peuvent devenir une ressource très utile au jardin.
Une fois broyées ou simplement réparties en couche raisonnable, elles peuvent servir de paillage au pied de certains arbres, arbustes ou massifs. Elles peuvent également rejoindre le compost et quelques feuilles laissées dans un coin calme du jardin peuvent aussi constituer un refuge pour de nombreux petits animaux pendant l’hiver.
Votre jardin n’a donc pas besoin de ressembler à un terrain de golf en novembre.
9. Donnez une seconde vie aux dernières tontes
La dernière tonte de l’année peut devenir très utile et vous permettre d’éviter de chercher une déchèterie qui accepte les tontes, puis leurs transport.
Après avoir laissé sécher légèrement l’herbe, utilisez-la en couche fine au pied des plantations ou mélangez-la à votre compost.
Le paillage aide à protéger le sol, limite la pousse des herbes indésirables et restitue progressivement de la matière organique en se décomposant.
Attention simplement à ne pas déposer une énorme couche d’herbe fraîche directement au pied des végétaux. Dans ce cas, compacte et gorgée d’eau, elle risque surtout de fermenter.
Tondre, laisser sécher un peu, puis réutiliser : difficile de faire beaucoup plus court et local comme circuit de recyclage.
10. Préparez correctement votre bois de chauffage
Vous allez rentrer vos bûches pour l’hiver ? Encore faut-il bien les stocker.
Le bois de chauffage doit rester à l’abri de la pluie tout en étant suffisamment ventilé. Évitez donc le tas posé directement sur un sol humide et entièrement enfermé sous une bâche plastique.
Des bûches humides brûlent moins efficacement : une partie de l’énergie produite sert simplement à évaporer l’eau qu’elles contiennent. Elles génèrent également davantage de fumées et de dépôts.
L’idéal est donc de protéger le bois par le dessus tout en laissant l’air circuler sur les côtés.
Et évidemment : bois peint, verni, traité ou déchets de meubles n’ont rien à faire dans un poêle ou une cheminée.
11. Profitez des pluies pour récupérer de l’eau
Les besoins d’arrosage diminuent, mais les pluies reviennent. C’est justement le moment où un récupérateur d’eau peut se remplir sans effort.
L’eau collectée pourra être utilisée pour le jardin, le nettoyage de certains équipements extérieurs ou les prochaines périodes plus sèches, dans le respect des usages autorisés pour l’eau de pluie.
Si vous possédez déjà une cuve extérieure, profitez-en aussi pour nettoyer le filtre et vérifier le système avant l’hiver.
Et selon votre installation et votre région, pensez à suivre les recommandations du fabricant pour la protéger du gel.
12. Avec les nuits plus longues, revoyez votre éclairage extérieur
À l’automne, la terrasse, l’entrée ou le jardin commencent naturellement à être éclairés plus longtemps.
Mais ont-ils vraiment besoin de rester allumés toute la soirée ? Un détecteur de mouvement, une minuterie ou simplement une extinction systématique lorsque personne n’est dehors permettent de réduire facilement la consommation.
C’est aussi bénéfique pour la biodiversité nocturne, perturbée par les éclairages artificiels permanents.
Et à l’intérieur, ouvrez volets et rideaux lorsque le soleil donne sur les fenêtres pour profiter au maximum de sa lumière et de sa chaleur, puis refermez-les dès que la nuit tombe pour limiter les déperditions.
L’éco-geste le plus efficace ? Entretenir ce que vous possédez déjà
On associe parfois la transition écologique de la maison à de gros travaux : isolation, pompe à chaleur, panneaux solaires, changement des fenêtres…
Ces investissements peuvent évidemment avoir leur intérêt, mais prendre soin de ce qui existe déjà compte aussi.
Une chaudière entretenue, un radiateur qui fonctionne correctement, un conduit ramoné, une gouttière dégagée ou un jardin qui réutilise ses propres déchets évitent du gaspillage et peuvent prolonger la durée de vie du logement et de ses équipements.
L’automne est justement la bonne saison pour s’en occuper.
Avant l’arrivée du froid, faites donc un tour de la maison, du jardin au grenier.
Vous trouverez probablement plusieurs petites choses à régler avant l’hiver et certaines ne vous coûteront absolument rien.