Depuis son ouverture en septembre 2022, la ligne b du métro ne s’est pas contentée de raccourcir les trajets à Rennes. De La Courrouze à Maurepas, de Beaulieu à ViaSilva, elle a accompagné de nouveaux logements, des espaces publics repensés, des quartiers en renouvellement et de nouvelles habitudes de déplacement. Quatre ans plus tard, tour d’horizon des transformations les plus visibles le long de ses 15 stations.

Mise en service le 20 septembre 2022, la ligne b du métro rennais relie aujourd’hui Saint-Jacques-Gaîté à Cesson-Viasilva en passant par 15 stations. Elle traverse Rennes du sud-ouest au nord-est, dessert plusieurs quartiers résidentiels, le centre-ville, la gare, les universités et de grands pôles d’emploi.

Mais son arrivée n’a pas seulement raccourci les temps de trajet. Autour de plusieurs stations, elle a accompagné de nouveaux logements, des espaces publics repensés, des commerces, des équipements ou encore de nouvelles habitudes de déplacement.

Quatre ans après son ouverture, à quoi ressemblent les quartiers desservis par la ligne b et qu’est-ce que le métro a réellement changé dans leur quotidien ?

Saint-Jacques-Gaîté / La Courrouze : un quartier qui s’est construit avec le métro

À l’extrémité sud-ouest de la ligne, Saint-Jacques-Gaîté joue d’abord un rôle de porte d’entrée dans Rennes. Le terminus dispose notamment d’un parc-relais, pensé pour permettre aux habitants de la métropole de laisser leur voiture avant de poursuivre leur trajet en métro. Avec ceux des Gayeulles et de Cesson-Viasilva, les trois parcs-relais ouverts avec la ligne représentaient environ 2 000 places de stationnement.

Quelques minutes plus loin, La Courrouze offre un cas particulier : ici, le métro ne s’est pas simplement installé dans un quartier existant. Il accompagne la création d’un véritable nouveau morceau de ville.

Développé sur d’anciens terrains militaires et industriels, l’écoquartier mélange logements, bureaux, commerces, services et équipements. Il compte également environ 40 hectares d’espaces paysagers et mise fortement sur les déplacements à pied et à vélo. À terme, après livraison des derniers secteurs, La Courrouze doit accueillir près de 11 000 habitants et 4 500 emplois.

La station a donc renforcé une logique déjà présente dans le projet : permettre d’habiter un quartier plus éloigné du cœur historique tout en restant directement connecté au centre de Rennes.

Et le secteur continue d’évoluer. De nouveaux programmes résidentiels y sont encore commercialisés, notamment en accession aidée.

 

Cleunay / Mabilais / Colombier : l’ouest rennais beaucoup plus proche du centre

Avant la ligne b, Cleunay était déjà bien relié au reste de Rennes, mais le métro a considérablement changé son rapport au centre.

La station a été intégrée à un nouvel espace public, avec un jardin en surface qui se prolonge jusque dans l’architecture de la station. Elle dessert directement le cœur du quartier et améliore les connexions avec Arsenal-Redon, La Courrouze et les secteurs situés autour de la Vilaine.

L’effet sur les usages a été rapide. Un mois après l’ouverture de la ligne b, Rennes Métropole constatait une hausse de 90 % de la fréquentation du réseau STAR sur le secteur Cleunay-Courrouze.

En poursuivant vers le centre, Mabilais puis Colombier bénéficient davantage d’un effet de connexion que d’une transformation complète de leur urbanisme. Ces quartiers étaient déjà proches du centre-ville et relativement recherchés.

Le métro a surtout réduit le temps nécessaire pour rejoindre d’autres pôles de la métropole sans passer par la voiture ou multiplier les correspondances.

Pour l’immobilier à Rennes, cette évolution peut peser dans le choix d’un acquéreur. La proximité du centre n’a pas changé, mais la facilité à rejoindre la gare, le nord-est rennais ou Cesson-Sévigné, elle, s’est nettement améliorée.

 

Gares / Saint-Germain / Sainte-Anne : le cœur de Rennes devient un grand nœud de correspondances

Dans le centre, la ligne b n’a pas créé de nouveaux quartiers. Elle a surtout profondément modifié les flux.

Avec Gares et Sainte-Anne, deux stations permettent de passer directement d’une ligne de métro à l’autre. Ce système renforce encore le rôle de la gare comme pôle de mobilité, mais aussi celui de Sainte-Anne comme point de passage entre le nord, le sud, l’est et l’ouest de Rennes.

Dès le premier mois de fonctionnement, Sainte-Anne enregistrait près de 13 500 voyages quotidiens sur la seule ligne b et Gares plus de 10 000. Dans le même temps, certains flux auparavant concentrés à République se sont redistribués vers ces deux stations.

Cette évolution est aujourd’hui suffisamment importante pour avoir des conséquences sur la ligne a elle-même. Rennes Métropole prévoit d’augmenter sa capacité de 25 % à l’horizon 2028, notamment parce que l’arrivée de la ligne b a accru les correspondances à Sainte-Anne et Gares.

À Saint-Germain, le changement est plus discret mais tout aussi intéressant : la station offre une nouvelle porte d’entrée dans l’hypercentre, à proximité immédiate des commerces, des quais et du centre ancien.

Ici, l’effet du métro se mesure donc moins dans une transformation du bâti que dans une nouvelle manière de traverser et de fréquenter le centre-ville.

 

Jules-Ferry / Gros-Chêne / Les Gayeulles : le métro au cœur de la transformation de Maurepas

C’est probablement sur cet axe que la relation entre métro et renouvellement urbain est la plus visible.

Le quartier de Maurepas fait l’objet d’un vaste programme de rénovation qui concerne à la fois les logements, les équipements, les commerces et les espaces publics. L’arrivée de la ligne b a été intégrée à cette transformation dès la conception du projet.

Autour de Gros-Chêne, la station s’insère directement dans les nouvelles places publiques aménagées pour créer des lieux de vie plus ouverts et plus accessibles. Le centre commercial doit lui aussi être profondément restructuré, avec une nouvelle place entourée de commerces et de nouveaux cheminements.

Plus au nord, la place Lucie-et-Raymond-Aubrac est devenue un nouveau cœur de quartier à proximité de la station Les Gayeulles. Elle accueille notamment le marché et s’inscrit dans la requalification de l’ancien centre commercial du Gast.

Le quartier a également connu la rénovation de plusieurs tours de logements, la construction de l’école Toni-Morrison, l’ouverture d’un nouvel espace social commun et l’arrivée d’un site du Musée des beaux-arts.

Le métro joue ici un rôle supplémentaire : celui de rapprocher très directement Maurepas du centre-ville. Dès octobre 2022, la fréquentation du réseau STAR avait progressé de 60 % sur le secteur de Maurepas.

Pour un quartier engagé dans une transformation de long terme, cette nouvelle accessibilité constitue donc l’un des leviers du changement, aux côtés des nouveaux logements, des équipements et des espaces publics.

 

Joliot-Curie / Beaulieu : les quartiers étudiants beaucoup mieux connectés

Plus à l’est, la ligne b dessert directement plusieurs grands établissements scolaires et universitaires.

La station Joliot-Curie – Chateaubriand se trouve au cœur d’un secteur qui regroupe notamment les lycées Joliot-Curie et Chateaubriand, tandis que Beaulieu-Université dessert le campus, ses résidences étudiantes et le restaurant universitaire.

Le succès de cet axe est particulièrement visible le matin.

Une enquête menée auprès de 5 700 élèves de quatre établissements du secteur a montré que 53 % utilisent la ligne b, avec une proportion qui atteint 70 % chez les lycéens. La fréquentation est devenue suffisamment importante entre Sainte-Anne et Beaulieu pour qu’une expérimentation sur les horaires de cours soit lancée afin de réduire les pics du matin.

Le métro a donc profondément modifié les habitudes de déplacement des étudiants et lycéens de l’est rennais.

Pour le marché du logement, cette connexion directe avec le centre et la gare renforce un atout déjà présent : la proximité des établissements d’enseignement supérieur. Elle facilite notamment la vie des étudiants qui souhaitent habiter près du campus sans être isolés du reste de Rennes.

 

Atalante / Cesson-Viasilva : le métro accompagne la naissance d’un nouveau morceau de métropole

À l’extrémité nord-est de la ligne, la logique est encore différente.

Atalante dessert notamment le secteur des Longs-Champs et le technopôle Rennes Atalante, tandis que Cesson-Viasilva constitue le terminus de la ligne, au cœur d’un quartier encore en développement. La station est également associée à un pôle d’échanges et à un grand parc-relais.

Ici, le métro ne fait pas qu’améliorer la desserte d’un quartier déjà constitué. Il accompagne directement son urbanisation.

ViaSilva et le secteur voisin des Pierrins doivent continuer à accueillir de nouveaux habitants et emplois au cours des prochaines années. À l’horizon 2030, les deux quartiers devraient compter environ 12 500 habitants et 14 000 emplois, au point que Rennes Métropole adapte actuellement ses réseaux d’assainissement pour accompagner cette croissance.

Cette situation crée une dynamique immobilière particulière : contrairement à un quartier ancien où le marché repose principalement sur la revente de logements existants, une partie de l’offre autour de ViaSilva se construit encore aujourd’hui.

La station constitue ainsi l’une des infrastructures autour desquelles se structure progressivement le quartier.

 

Une ligne qui a aussi changé la carte mentale de Rennes

En regardant l’ensemble du tracé, le principal changement apporté par la ligne b apparaît assez clairement : certains quartiers ne se situent plus à la même « distance » du centre qu’avant.

Cleunay, La Courrouze, Maurepas, Beaulieu ou ViaSilva n’ont évidemment pas changé de place sur la carte. Mais leurs temps d’accès à Sainte-Anne, à la gare ou aux autres quartiers de la métropole ont été profondément modifiés.

Dès le premier mois d’exploitation, la fréquentation globale du réseau STAR avait progressé de 20 % par rapport à la période précédant l’ouverture. Sur certains secteurs nouvellement desservis, les hausses étaient encore plus importantes.

Cette nouvelle géographie des déplacements change aussi la manière d’envisager son lieu de résidence. Un quartier plus éloigné du centre peut devenir une option plus facilement acceptable lorsqu’il permet de rejoindre rapidement son travail, la gare, l’université ou les commerces sans voiture.

 

Et côté immobilier, les prix ont-ils suivi ?

C’est la question qui vient naturellement avec l’arrivée d’une infrastructure aussi importante.

Mais dans le cas de Rennes, il serait trompeur d’attribuer directement l’évolution des prix depuis 2022 à la ligne b.

Son ouverture a coïncidé avec un retournement beaucoup plus général du marché immobilier : remontée des taux de crédit, baisse de la capacité d’emprunt des ménages et recul des volumes de transactions.

Il n’existe donc pas un « effet ligne b » uniforme qui aurait fait mécaniquement augmenter tous les logements situés près d’une station.

En revanche, le métro apporte quelque chose de plus difficile à résumer en un seul chiffre : de l’accessibilité.

Et cette accessibilité vient s’ajouter aux autres caractéristiques qui font l’attractivité d’un quartier : commerces, écoles, espaces verts, qualité des logements, nouvelles constructions ou renouvellement des espaces publics.

À Maurepas, le métro accompagne ainsi une transformation urbaine beaucoup plus large. À La Courrouze ou ViaSilva, il participe directement au développement de quartiers récents. À Beaulieu, il conforte l’attractivité d’un secteur étudiant. À Cleunay, il rapproche considérablement un quartier résidentiel du reste de la métropole.

Pour un acheteur, cela signifie que la proximité d’une station constitue un critère intéressant, mais jamais suffisant à elle seule pour juger du potentiel d’un logement.

 

Quatre ans après, un métro devenu partie intégrante de la ville

À son ouverture, la ligne b représentait 14 kilomètres de voies, 15 stations et trois nouveaux parcs-relais. Son objectif dépassait déjà la simple création d’une nouvelle ligne de transport : Rennes Métropole estimait alors que 73 % des Rennais se trouveraient à moins de 600 mètres d’une station de métro grâce aux deux lignes.

Quatre ans plus tard, son influence se lit surtout dans les quartiers.

Elle a accompagné la naissance de nouveaux secteurs urbains, soutenu le renouvellement de quartiers plus anciens et redistribué une partie des déplacements dans le centre. Elle a aussi modifié des habitudes quotidiennes, notamment chez les étudiants et les habitants des quartiers auparavant moins directement reliés au cœur de Rennes.

Pour l’immobilier, son effet se construira probablement sur un temps encore plus long.

Car une nouvelle station ne change pas seulement un trajet. Elle peut aussi modifier progressivement la manière dont un quartier est vécu, perçu… et choisi pour y habiter.

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