Avec Rennes, Fougères est la seule ville bretonne à prendre à bras-le-corps ce dossier, avec une analyse des causes et un plan d'actions pour remettre sur le marché les logements inhabités.

C’est quoi un logement vacant ?

C’est par dĂ©finition un logement inoccupĂ©. Soit parce qu’il est en attente d’ĂŞtre louĂ© ou vendu, soit parce qu’il fait l’objet d’une succession ou tout simplement parce que le propriĂ©taire dĂ©cide de le laisser vacant, car vĂ©tuste. Aux yeux de l’État, un logement peut ĂŞtre soumis Ă  la taxe d’habitation sur les logements vacants, s’il est inoccupĂ© depuis deux ans.

Comment se situe Fougères ?

En Bretagne, le taux de vacance, c’est-Ă -dire la part de logements vides par rapport Ă  l’ensemble du parc, est de 8 % au 1er janvier 2015 et de 7,3 % pour l’Ille-et-Vilaine, contre une moyenne nationale proche de 9 % en constante augmentation depuis dix ans. Ă€ Fougères, ce taux est de 12 %, soit 1 430 dans le parc privĂ©. Parmi ces logements, 38 % le sont depuis moins d’un an, mais 62 %, soit près de 900, le sont depuis plus d’un an. On parle alors de vacance structurelle.

Comment expliquer cette situation ?

Fougères est confrontĂ©e, comme bon nombre d’autres villes moyennes, Ă  cette vacance, mais cela « touche plus les villes disposant d’un riche patrimoine historique, explique Éric Besson, l’adjoint Ă  l’urbanisme. Il y a beaucoup de petits logements, ce qui suppose d’importants travaux de rĂ©novation et de restructuration ». Pour son plan d’actions, menĂ© en collaboration avec un cabinet spĂ©cialisĂ© depuis 2014, Fougères a fait le choix de se concentrer sur le coeur historique (ZPPAUP), puisque 30 % du parc vacant se concentre sur onze rues de la Haute-Ville et du quartier de Bonabry. Un secteur dans lequel 43 % des logements vacants font moins de 41 m2 et 61 % ont plus de 70 ans.

Pourquoi est-ce un problème ?

Car aujourd’hui les gens recherchent des maisons avec jardin et trois ou quatre chambres. Lorsqu’ils sont sĂ©duits par la proximitĂ© des commerces, des services, des Ă©quipements de centre-ville, ils souhaitent des appartements confortables, fonctionnels, Ă©conomes, d’au moins 50 m2, avec un minimum de trois pièces. Sans oublier un garage, un balcon, un ascenseur. Bref, la perle rare dans un centre historique comme Fougères, oĂą beaucoup de logements n’ont pas fait l’objet de rĂ©novation depuis plus de trente ans.

Des incitations financières ?

Outre la nĂ©cessitĂ© de « renforcer les partenariats avec les professionnels de l’immobilier », le maire, Louis Feuvrier, veut inciter les propriĂ©taires Ă  rĂ©nover. La Ville va rĂ©aliser une plaquette d’information, courant mars, qui liste tous les dispositifs d’aides et les avantages fiscaux de la rĂ©novation dans une ZPPAUP, mais aussi les obligations lĂ©gales. Un dispositif financier sera proposĂ© lors du prochain conseil municipal avec une enveloppe de 400 000 € pour 2016, visant Ă  encourager la rĂ©novation-restructuration, voire l’acquisition- rĂ©novation. Des contraintes juridiques et fiscales Après avoir dĂ©jĂ  usĂ© d’une procĂ©dure d’abandon manifeste sur l’Ă®lot de la Fourchette, près du Château, le maire est prĂŞt Ă  mettre en oeuvre tous les outils juridiques (arrĂŞtĂ© de pĂ©ril ou d’insalubritĂ©) pour « encourager » les propriĂ©taires Ă  rĂ©nover. Enfin, la Ville envisage d’instaurer la taxe d’habitation sur les logements vacants.

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