Des agences qui ferment, des acquéreurs frileux, des vendeurs parfois déraisonnables : le secteur de l'immobilier a, lui aussi, ressenti les effets de la crise en 2012. État des lieux.

À Laval, comme ailleurs – et même si certains professionnels refusent de le reconnaître de vive voix -, le secteur de l’immobilier a subi les effets de la crise, l’an dernier. En France, 10 000 emplois salariés dans la transaction immobilière (sur un total de 80 000) ont été perdus en 2012. À Laval, deux agences ont baissé le rideau (Adi et Globalissmo). Dans le même temps, le délai moyen, entre la mise en vente d’un bien et la signature d’un compromis, est passé de 70 jours en 2011 à 130 aujourd’hui, au niveau national. Et ce, malgré des taux de prêt particulièrement attractifs.

Ils ne changent pas, année après année. Les valeurs sûres, sur le marché de l’immobilier à Laval, restent les quartiers de Bel-Air, de la place de Hercé et l’hyper centre-ville, avec, peut-être, un léger avantage à la rive gauche, avec la gare. « Mais, ce qui est bien à Laval, note un agent immobilier, c’est que même si on habite derrière la mairie, on n’est jamais très loin de la gare ! » Le quartier de Vaufleury, sur les hauteurs de Laval, monte aussi en cote, pour sa vue imprenable sur la Mayenne. Dans ces quartiers, les biens, au juste prix, partent souvent sans publicité…

Pavillons récents, maisons de ville ou grands appartements : ce sont les trois principaux biens que réclament les acquéreurs. Et, sans grande surprise, les trois-quarts des demandes se concentrent sur Laval ou sa première couronne. Certaines agences affirment que sept recherches sur dix portent sur des pavillons. Laval et sa première couronne (notamment les communes de Saint-Berthevin, Changé et L’Huisserie) concentrent 90 % des recherches.

Oui. C’est l’un des avantages de la crise. Les acquéreurs sont moins nombreux et les vendeurs doivent revenir à plus de raison s’ils veulent vendre leur bien. D’ailleurs, lorsqu’un bien n’est pas vendu après quelques mois (20 % des biens sur le marché) c’est « soit qu’il y a un loup, soit qu’il n’est pas au bon prix ». À Bonchamp, dans le quartier Bel-Air, une maison bourgeoise s’est vendue, après deux ans et demi sur le marché de l’immobilier, au prix de 309 000 € (80 000 € en dessous de sa mise à prix). Idem à Laval, où une maison de ville des années 50, de 185 m2 habitables, est partie pour 225 000 €, alors qu’elle était mise à prix… 320 000 €.

On peut le penser. L’hôtel Impérial, qui vient d’être racheté, va bientôt être transformé en appartements luxueux (Ouest-France du samedi 12 janvier). L’an dernier déjà, tous les appartements d’un nouvel immeuble, rue de Paris, avaient trouvé acquéreur, « pour un prix de 3 000 € à 3 400 €, le mètre carré », indique un professionnel de l’immobilier. Il y a, de fait, une réelle demande des personnes âgées, qui « troquent » leur maison bourgeoise pour un appartement tout confort, en centre-ville.

Difficile de prédire l’évolution du marché de l’immobilier à Laval. Certains agents estiment que ce « petit marché », avec un niveau d’offres et de demandes jugé peu excessif, « évoluera peu ». D’autres professionnels, au contraire, sont presque convaincus que l’arrivée de la LGV, la ligne à grande vitesse, va faire venir une clientèle nouvelle. Les Parisiens pourraient venir respirer le bon air de Laval, en s’offrant « une maison bourgeoise au prix d’un T2 à Paris ». Avec le risque, comme au Mans dans le quartier de la gare, que certains secteurs de la ville deviennent totalement inaccessibles pour certains. Quant aux professionnels de l’immobilier, ils tendent le dos. D’autres fermetures d’agences ne sont pas à exclure.

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